Aaron Swartz, l’enfant d’Internet

Il y a 1 an et demi disparaissait Aaron Swartz à seulement 26 ans.
Il n’était pas Steve Jobs, Bill Gates, Mark Zuckerberg, ni un de ces vulgaires hackers, mais il a droit à sa place au Temple de la renommée d’Internet (Internet Hall of Fame).
Véritable surdoué de l’informatique, à seulement 12 ans, il crée son propre Wikipedia, et 2 ans plus tard, il participe à l’élaboration du format RSS 1.0, un format encore très utilisé aujourd’hui pour s’abonner à des publications en ligne. Il a également participé à la création de Reddit, un site web communautaire de partage de signets, un des sites les plus populaires aux États-Unis.
C’est lui, aussi, qui participe à la création de Creative Commons, qui vise à proposer une solution alternative légale aux personnes souhaitant libérer leurs œuvres des droits de propriété intellectuelle.
Il se fait d’ailleurs connaître du grand public pour son combat pour la liberté d’expression sur Internet, à l’occasion du débat sur les lois SOPA et PIPA, entre autres, en fondant le site Demand Progress. Son combat sera couronné de succès, puisque ces 2 lois anti-américaines verront finalement jamais le jour. C’est cet engagement pour un Internet libre lui vaudra ses déboire avec la justice.

En 2011, Aaron Swartz a été inculpé de fraude électronique après avoir aspiré le portail JSTOR depuis le Massachussetts Institute of Technology (MIT). Son but n’était que de mettre à la disposition du public près de 5 millions d’articles scientifiques uniquement accessibles par abonnement, alors que les recherches qui ont abouti à la publication de ces articles étaient financées par des fonds publics.

Il est aussi co-auteur du Gerilla Open Access Manifesto (Manifeste de la guérilla pour le libre accès) :

L’information, c’est le pouvoir. Mais comme pour tout pouvoir, il y a ceux qui veulent le garder pour eux. Le patrimoine culturel et scientifique mondial, publié depuis plusieurs siècles dans les livres et les revues, est de plus en plus souvent numérisé puis verrouillé par une poignée d’entreprises privées. Vous voulez lire les articles présentant les plus célèbres résultats scientifiques ? Il vous faudra payer de grosses sommes à des éditeurs comme Reed Elsevier.

Vous qui avez accès à ces ressources, étudiants, bibliothécaires, scientifiques, on vous a donné un privilège. Vous pouvez vous nourrir au banquet de la connaissance pendant que le reste du monde en est exclu. Mais vous n’êtes pas obligés — moralement, vous n’en avez même pas le droit — de conserver ce privilège pour vous seuls. Il est de votre devoir de le partager avec le monde.

Mais toutes ces actions se déroulent dans l’ombre, de façon souterraine. On les qualifie de « vol » ou bien de « piratage », comme si partager une abondance de connaissances était moralement équivalent à l’abordage d’un vaisseau et au meurtre de son équipage. Mais le partage n’est pas immoral, c’est un impératif moral. Seuls ceux qu’aveugle la cupidité refusent une copie à leurs amis.

Le procureur Carmen Ortiz a voulu faire du cas de Aaron un exemple. Ne voyant ses actes contre JSTOR que comme une forme de piratage, ils s’est acharné. Le 11 janvier 2013, il sera retrouvé pendu dans son appartement de Brooklyn.

Le 29 juin dernier était publiée sur Youtube The Internet’s Own Boy: The Story of Aaron Swartz, film documentaire américain réalisé par Brian Knappenberger en 2014 et retraçant la vie de Aaron. Je vous invite à le regarder, et si vous le désirez, il est ici, ainsi que sa traduction.

A propos Mehdi HAMIDA

Moi en quelques mots: je m'appelle Mehdi, j'habite à Lyon, je suis chef de projet technique et papa geek. Je m’intéresse aux nouvelles technologies, à la publicité, la musique, à l’art en général et à la culture 2.0, ainsi qu’à tout ce qui a trait de près ou de loin à Internet : réseaux sociaux, webmarketing, le marketing viral et la veille stratégique.